Ciao pantins

Photographie © Guillaume J PlissonLightgraff

On veut rester léger, même si c’est difficile. Hymne à la rue, dérisoire et chevaleresque. Celle dans laquelle le fictif est réel. Où on espère pouvoir encore s’amuser, rencontrer, penser ensemble, être agréablement surpris. On est toujours situés, on ne peut jamais sortir de notre situation, de la pièce dans laquelle on est, ou de cette rue dans laquelle on consomme, on passe, on travaille, et on habite. Avec ce qu’on voit et qu’on ne voit pas, ce qu’on regarde ou pas. On peut essayer de se déplacer. Déplacer notre regard. Faire des va-et-vient ; sans pouvoir quitter les catégories. Mais il y a bien du réel ? On est à Paris, dans une rue. Quelque part ? Espaces plus ou moins réels, fantasmés, hétérotopies, lieux investis d’histoires et d’imaginaires. Les rues sont nommées. Il y a nombre de Paris. Comment en parler ? Toujours partiellement. Porte de Pantin, Bastille, 7e arrondissement ; Paris qu’on quitte, qu’on déteste, qu’on croit connaître, où l’on a grandi. Paris inégalitaire. Celui des artistes, des éduqués, des cadres ; des pompistes, des immigrés. « On trimballe ce qu’on est, et c’est tout ». Pas de séparation de soi avec soi. Allez, on rentre, parce que la rue c’est l’endroit où l’on ne peut pas vivre. Ciao pantins